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(du 1er/02/2007)
ANOF

ANDRE LECLERCQ, Président de l’académie nationale olympique française

« La gestion du sport réclame de nouvelles compétences et une adaptation du mode de gouvernance, tout en restant fidèle à ses valeurs. »

Actuellement, quels sont les grands enjeux du financement pour les associations du secteur sportif ?

Toute l’architecture du mouvement sportif, du club à la fédération, s’édifie à partir des territoires dans lesquels il puise l’essentiel de ses ressources, humaines, matérielles et financières.
Parmi les principaux intervenants financeurs publics, les communes restent, en effet, incontournables. Leurs dépenses (7,9 milliards d’€ en 2003 sur les 27,4 milliards d’€ au total) représentant 29 % de l’ensemble des dépenses sportives et 70 % des dépenses publiques.
Les communes sont à la fois propriétaires de nombreux équipements et employeurs sportifs. Les aides financières allouées aux clubs professionnels (non directement liées à l’activité professionnelle) pèsent environ 200 millions d’euros. S’y rajoutent les dépenses indirectes (mise à disposition d’équipements, de personnels…) ainsi que le sponsoring public, en contrepartie de prestations de services.

Il ne faut pas pour autant oublier que les ménages contribuent pour un peu plus de la moitié des montants dépensés (14,2 milliards d’€). Quant aux entreprises, elles réalisent 2,2 milliards d’€ de dépenses dans le domaine du sport, essentiellement du fait du parrainage. (Source – estimation comptes du sport INSEE)
Le principal enjeu du financement est donc la réussite de l’intercommunalité. C’est, en effet la condition nécessaire à un soutien à une offre sportive structurante pour les territoires ; la plupart des communes n’ayant pas une taille suffisante pour être un acteur efficace dans ce domaine.

Aujourd’hui 64 % des EPCI ont opté pour une compétence sport et 77 % des communautés d’agglomération ont retenu le sport.
Il y a donc globalement une tendance positive pour le sport et le mouvement sportif se doit de l’accompagner par des initiatives partenariales en impliquant d’autres acteurs intéressés par le sport comme l’emploi, l’environnement, le tourisme ou la santé.

Fait nouveau, la pratique sportive est désormais très convoitée ici et là par des opérateurs commerciaux. Il appartient au mouvement sportif de mieux faire reconnaître le rôle et la place des finalités sportives, éducatives et sociales des clubs. Ces dimensions légitiment les investissements des collectivités, en particulier au niveau des équipements et de leur gestion.

Quel est le modèle économique de financement du secteur sport (part public / privé, impact sur le fonctionnement…) ? Quel est son impact sur le fonctionnement même des associations ?

Le modèle sportif français est un modèle spécifique d’organisation par sa très grande complexité liée aux interactions entre de multiples acteurs et par la place qu’y occupe l’Etat – la plupart des fédérations se sont en effet vues chargées tout en restant des groupements de droit privé, d’une mission de service public. Les collectivités publiques (Etat et collectivités locales) sont et resteront nécessaires au mouvement sportif notamment en matière de financement et d’équipements.

Dans ce modèle interviennent également d’autres acteurs - l’économique, le juridique et le médiatique - dont l’influence est de plus en plus forte. La gestion du sport réclame donc de nouvelles compétences et une adaptation du mode de gouvernance, tout en restant fidèle à ses valeurs.

Le modèle français peut être perturbé par ces évolutions car il est organisé entre les formes institutionnelles de régulation et les aspirations du libéralisme économique.
L’action bénévole est essentielle mais elle doit pouvoir s’appuyer sur des professionnels.
Cette évolution doit permettre de mieux assurer des services sportifs diversifiés et de créer les emplois dont le mouvement sportif a besoin pour affronter ses défis et la concurrence du secteur marchand.
Il s’agit :

  • de refonder le partenariat avec les pouvoirs publics sur des bases plus équilibrées- il y a lieu de passer de la notion de subvention, élément constitutif d’un lien de subordination à celle de convention partenariale qui reste à promouvoir dans le cadre d’une mission d’utilité sociale.- ;
  • de veiller à se préserver de l’appétit de certains acteurs économiques qui aimeraient peser sur l’organisation de la face la plus exposée de son activité et donc la plus rentable.
  • d’intégrer les modifications sociologiques pour offrir aux pratiquants un cadre adapté et préserver l’unité du sport.

Quelles sont les principales difficultés de financement rencontrées par les associations sportives ?

Les principales difficultés sont surtout rencontrées :

  • par les plus petites associations sportives ou celles qui ne sont pas fédérées, car ce sont celles qui ont le plus de mal à obtenir une aide publique ;
  • pour les associations, notamment en sports collectifs, dont les équipes participent très régulièrement à des compétitions en raison de l’augmentation constante du coût des déplacements ;
  • enfin pour les associations employeuses : la moitié d’entre elles n’ont qu’un salarié qui effectue en moyenne à peu près la moitié d’un équivalent temps plein et le financement de cet emploi est souvent difficile.

Quelle(s) solution(s) préconiseriez-vous pour l’amélioration et la diversification du financement du secteur sportif ?

La première priorité doit être de privilégier la reconnaissance sociétale du sport et le partage des finalités sportives, éducatives et sociales. Il s’agit donc de promouvoir l’idée d’utilité sociale du club et de parvenir à un label de reconnaissance.

Les structures déconcentrées du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) sont les interlocuteurs privilégiés des collectivités territoriales et doivent assurer la participation du mouvement sportif tant dans la définition des politiques territoriales que dans leur mise en œuvre, avec le souci de la cohérence avec les politiques fédérales.

En complément, une stratégie novatrice de développement et d’adaptation des infrastructures sportives doit être mise en place en rassemblant tous les acteurs concernés par ces équipements. Cela permettrait d’agir avec davantage de cohérence et d’efficacité pour répondre à la demande des pratiques tant de masse que de haut niveau.
Dans cet objectif, le CNOSF recommande la création d’un Conseil national des équipements sportifs. La question essentielle du financement des équipements et de leur gestion ne pourra être abordée que dans le cadre de cette nouvelle gouvernance et avec l’édiction de nouvelles règles. La création du Centre national de développement du sport (CNDS), établissement public administratif en lieu et place du FNDS, peut encore permettre un accroissement substantiel des moyens à destination du mouvement sportif.
Un prélèvement de 2,2% sur le montant des sommes misées sur les jeux organisés de la Française des Jeux correspondrait à la demande initiale formulée par le mouvement sportif et permettrait de renforcer les clubs dans leurs missions de développement local, économique, social et culturel.

André Leclercq
Données et citations extraites du livre blanc du sport français, La raison du plus sport – De la contribution du sport à la société française, septembre 2006

 
 
 
 
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